Vélos électriques: + 45% d’accidents en une seule année!

28.03.19

Le baromètre de la sécurité routière en 2018, dressé par Vias, comporte un bon point : la diminution du nombre de décès. 

Il amène également à un moins bon constat : l’augmentation du nombre d’accidents et de blessés. Et dans cette catégorie, ce sont les cyclistes qui sont les moins bien lotis.

De 8.739 accidents corporels impliquant au moins un cycliste en 2009, on est passé à 9.955 cas en 2018. La répartition est claire et montre l’importance du vélo électrique : 8.686 dossiers concernent des accidents avec des vélos classiques et 1.436 de ces accidents ont impliqué des cyclistes circulant sur des vélos électriques. Par rapport à 2017, c’est une hausse de 9 % des accidents avec des cyclistes en Belgique(+12,6 % en Wallonie et +10,9 % à Bruxelles). Et si on analyse les accidents avec des vélos électriques, l’évolution est carrément fulgurante puisqu’on passe de 518 blessés en 2015 à 1.436 en 2018 (743 en 2016 et 987 en 2017). Une augmentation hallucinante.

« En tant que tels, les chiffres des accidents avec des cyclistes ne sont pas si surprenants », note Benoît Godart. « On sait qu’il y a beaucoup plus de cyclistes qu’il y a quelques années. »
Le gros problème, c’est le vélo électrique. « Le vélo électrique, c’est une invention géniale mais lorsque des seniors remontent en selle après quelques années, il faut penser à prendre des précautions : mettre un casque, s’habiller avec des couleurs vives... »
Et s’habituer à cette conduite demande un temps d’adaptation : « Ce vélo va plus vite, il est moins maniable au niveau de l’angle de braquage, il est aussi plus lourd. »
D’où la nécessité de rouler avec un casque : « Les gens qui vont travailler ou les cyclos du dimanche, sont généralement bien équipés. C’est surtout pour les gens qui roulent de manière libre qu’il faut insister. »

Suite à ces statistiques d’accidents impliquant des cyclistes, le Gracq (Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens) propose trois mesures principales pour sécuriser le trafic des cyclistes.

  • L’association plaide en premier lieu pour de meilleures infrastructures cyclables.« Le manque d’infrastructures adaptées est particulièrement dissuasif, d’autant plus pour les cyclistes non aguerris. Le Gracq plaide pour un réseau cyclable de qualité, basé sur des aménagements cyclables sécurisants et correctement entretenus, avec une attention particulière pour la sécurisation des carrefours et points noirs ».
  • ​En second lieu, le Gracq plaide pour la généralisation des 30 km/h en agglomération (hors axes de transit).
  • Enfin, l’association demande aussi une meilleure formation à la conduite du vélo. « Il est nécessaire d’intégrer la question de l’éducation au vélo dès le plus jeune âge, mais aussi de proposer des formations au vélo pour un public adulte. Ces formations n’ont pas pour unique vocation de former des cyclistes : il s’agit de former plus globalement des usagers davantage conscients des enjeux de la cohabitation et du partage de la route ».

Par rapport aux infrastructures, Benoît Godart va dans le même sens : « Le Gracq veut des aménagements dignes de ce nom : en Wallonie, il faudra améliorer la situation. »

Source: La capitale